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Bureau intégré des Nations Unies en Haïti

Journée internationale des Femmes 2026 | Communiqué conjoint des Nations Unies en Haïti

Port-au-Prince, 8 mars 2026 – À l'occasion de la Journée internationale des femmes 2026, l'ensemble des entités du Système des Nations Unies en Haïti appellent à des actions concrètes pour assurer pleinement les droits politiques, économiques et sociaux des femmes, conformément au thème de la célébration de cette année : Droits. Justice. Action.


Ce thème trouve un écho particulièrement fort en Haïti, dans un contexte où les femmes et les filles demeurent les premières victimes des violences, qu’elles soient sexuelles, physiques ou psychologiques.
Le dernier rapport des Nations Unies sur la situation des droits humains en Haïti montre que plus de 8000 incidents de violences basées sur le genre ont été recensés en 2025, dont plus de la moitié relevaient de violences sexuelles, et près des deux tiers constituaient des viols collectifs.


Les enfants ne sont pas épargnés. 566 cas de violences sexuelles contre des mineurs ont été documentés, dont 160 cas de viols collectifs.


Les femmes et les enfants sont aussi parmi les groupes les plus vulnérables face à l’insécurité alimentaire qui affecte près de 5.7 millions de personnes en Haiti, soit plus de la moitié de la population. L'insécurité alimentaire chez les femmes est aggravée par le manque d'accès à des moyens de subsistance et à des activités génératrices de revenus.
Parallèlement, la crise du déplacement interne continue d’aggraver les risques auxquels ces populations sont confrontées. Parmi les plus de 1,4 million de personnes déplacées, 54 % sont des femmes. Les femmes et les enfants restent touchés de manière disproportionnée, représentant plus de la moitié de la population déplacée, ce qui soulève de graves préoccupations en matière de protection de leurs droits.


Au-delà des statistiques, ce sont des vies brisées. Des femmes, des mères, des filles, des jeunes, des professionnelles, des commerçantes, des femmes et des filles vivant avec un handicap, toutes confrontées à une violence systémique. Une violence qui appelle des réponses ancrées dans l’État de droit, et des choix pour la justice et des actions collectives fortes, afin de réparer les torts causés, restaurer l’espoir, la dignité et la confiance des
femmes et des filles qui ne demandent qu’une chose : vivre en sécurité et exercer pleinement leurs droits.


Le Système des Nations Unies, tout en saluant les avancées enregistrées en matière de participation des femmes, et en reconnaissant leur place et leur implication dans les sphères de développement, réaffirme que le thème de cette année – Droits. Justice. Action – doit continuer de résonner en Haïti et faire l’objet d’actions fortes.
Les femmes jouent un rôle clé dans la dynamique économique des communautés en Haiti. A cet égard, les actions doivent être conduites avec les femmes, et en accord avec les priorités qu’elles ont définies.


Au moment où la sécurité et l’organisation d’élections libres et inclusives s’imposent comme des enjeux nationaux majeurs, les femmes doivent jouer un rôle central dans l’édification d’une société plus sûre, plus juste et démocratique, afin de garantir leur pleine participation à tous les échelons du processus décisionnel.
Dans un pays où les femmes continuent d'être sous-représentées dans les sphères publiques et décisionnelles, il est plus que jamais nécessaire de pacifier l’espace politique et de le rendre juste et accessible, d’adopter des politiques et des cadres juridiques inclusifs.


C’est à cette condition que pourra être garantie une participation pleine, effective et active des femmes, non seulement dans la vie politique, mais aussi dans toutes les sphères de prise de décision.
Pour reprendre les propos du Secrétaire général, nous devons nous attaquer aux lois et aux pratiques discriminatoires pour garantir à toutes les femmes la dignité et la liberté qu’elles méritent et leur offrir les possibilités qui leur sont dues.


*** FIN ***